Maëlle Dufour – 2021

17.09.2021

Lauréate du prix Macors – Médiatine 2021

Le vernissage de l’exposition des oeuvres de Maëlle Dufour a eu lieu le 17 septembre au sein des entreprises Macors.

Maëlle, originaire de Binche, est une artiste visuelle qui vit et travaille à Bruxelles. En 2017, elle obtient un master en sculpture à l’ENSAV La Cambre (Bruxelles). 

Pour son exposition Îlots, l’artiste réalise des photographies des mains des résidents de l’îlot Epars à Charleroi, centre d’hébergement temporaire pour personnes précaires. « Je voulais donner une dignité aux personnes de l’îlot en transposant leur mains sur des plaques de marbre, matériaux précieux et fragiles qui, dures et froides, donnent pourtant l’illusion de la chair. Leurs mains et le marbre se confondent et s’assemblent. Avec pudeur et élégance, ses images racontent les parcours chaotiques, les ruptures, les déroutes profondément inscrites dans les chairs et que l’œil, seul, ne peut percevoir ».

C’est en effet ce qu’elle s’était promis de raconter lors de ces résidences successives à Charleroi : les invisibles, ceux que la société laisse en marge et les traces qu’ils laissent dans le paysage. La rencontre avec un certain nombre de sans-abris vivant au pied du terril des Piges (le terril le plus proche du centre-ville de Charleroi) a ainsi mené à la réalisation des sculptures Détente/Survie. Structures inspirées des tentes « 2 secondes », forme principale d’habitat léger constaté sur les terrils, ces sculptures sont à la fois des lieux de rencontre et de repli. S’il est possible de s’y assoir pour y converser, se reposer et ressentir la protection d’un abri, ces modules présentent également un espace exigu, « malaisant » de par leur forme et leur promiscuité. Symbole d’isolement social, Détente/Survie synthétise le lieu de vie de nombreux sans-abris ; l’intention de l’artiste étant de « souligner la capacité de l’art à créer des espaces d’interaction et de coexistence ».

Les sculptures apparaissent également comme de petites ruines, thématique chère à Maëlle Dufour. Recouverts d’une peinture thermochromique, les îlots sont de couleur noire lorsqu’il fait froid et rappellent les sols qui constituent les terrils. Exposés à la chaleur des corps qui s’y posent, ils laissent apparaître une couleur chaude qui conserve la trace d’une main ou d’un siège. Enfin, ces ruines se donnent comme traces d’occupation : sacs de couchage, oreillers, téléphones portables et autres objets, usuels ou non, ont été coulés sur les parois et les assises. Sortes de memento mori du capitalisme, ils sont, aujourd’hui, les signifiants périssables qui structurent nos vies.  »

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